lundi 12 septembre 2011

Un homme

D'abord, il faut une possibilité de commencement à toute histoire. Juste une possibilité, un peu plus que rien. Un pétale délicat soufflé par le vent et que tu suis du regard. Mais celui-là est perdu d'avance. Ça n'ira pas plus loin, tu le sais.

Que peux-tu faire. Lui courir après. La suivre pathétiquement dans les rues. Non, tu acceptes déjà ta défaite, tacite, presque rassurante. Au mieux aura t-elle esquissé un vague sourire et te voilà triomphant, rasséréné, comme on récolte un fruit inattendu.

Bref tu es un blaireau comme on en fait plein. Celui qui se croit un peu plus malin que les autres.
Tu craques face à la beauté, mais ton regard n'est qu'un faire-valoir qui la flatte. Tu crois qu'il faut être délicat et subtile. Tu crois décider du moment mais tu subis un peu plus chaque jour. Tu parles d'amour mais tu ne fais plus la différence entre ton désire de pénétration et ton besoin d'aimer, d'être aimé.

Frustré !

Alors tu nourris parfois une vague misogynie, plus ou moins assumée. Parce que tu les détestes autant qu'elles t'attirent. Un "toutes des putes !" qui te soulage. Tu es paumé, tu ne comprends pas où est ton problème, le monde est si compliqué. Tout ce désir, cette envie, cette pression qui te poussent vers tu ne sais où, qui te rendent con.

Tu es un homme. Juste un homme qui voudrait qu'on le suce.

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